Retour aux articles
L'intelligence artificielle accélère la désinformation et fragilise la confiance numérique

L'intelligence artificielle accélère la désinformation et fragilise la confiance numérique

Les entreprises technologiques font face à une défiance accrue alors que l'automatisation et la régulation bousculent le secteur.

La journée sur Bluesky a mis en lumière une tension croissante entre progrès technologique et défi éthique, alors que les discussions du secteur tech oscillent entre innovation, inquiétudes sociétales et mutations du paysage numérique. Les échanges révèlent une remise en question profonde de la confiance envers les entreprises technologiques et une interrogation sur l'impact des intelligences artificielles sur la vie quotidienne et l'information.

L'essor de l'intelligence artificielle : automates, désinformation et scepticisme croissant

L'utilisation de l'intelligence artificielle pour générer du contenu à fort engagement, comme le décrit un récent cas d'automatisation massive de rage bait sur Twitter, alimente une dynamique inquiétante de désinformation et d'exploitation financière, avec des comptes basés à l'étranger qui profitent du modèle économique d'Elon Musk. La sophistication croissante de ces technologies laisse présager une aggravation du phénomène, notamment par la prolifération de contenus manipulés et potentiellement dangereux.

"13 000 commentaires sur un tweet génèrent des gains énormes. Tout le contenu suit une formule, donc il est probablement automatisé par intelligence artificielle (images et textes générés). Une véritable machine à imprimer de l'argent. Mais aux États-Unis, cela se traduit par une colère latente."- @dieworkwear.bsky.social (350 points)

Parallèlement, les travailleurs de l'IA eux-mêmes tirent la sonnette d'alarme quant à la fiabilité des outils génératifs, comme le montre un témoignage préoccupant sur la faillibilité des modèles tels que ChatGPT et Gemini. Le public, peu préparé à cette incertitude, doit développer un esprit critique pour ne pas tomber dans le piège des fausses informations, tandis que les entreprises privilégient la rapidité au détriment de la validation et de la responsabilité.

"Après avoir pris conscience de l'ampleur des erreurs, [les travailleurs de l'IA] ont commencé à déconseiller à leurs proches d'utiliser l'intelligence artificielle générative et les encouragent à interroger l'IA sur des sujets qu'ils maîtrisent pour comprendre sa faillibilité."- @richardsever.bsky.social (5 points)

Mutation des usages numériques et défiance envers les géants de la tech

La persistance d'utilisateurs sur X, malgré la concurrence des plateformes décentralisées et des nouveaux acteurs, questionne l'évolution des pratiques. Comme le souligne une récente étude sur les usages de X aux États-Unis, la base d'utilisateurs s'est transformée, se concentrant davantage sur des groupes politiques spécifiques, tandis que l'engagement réel s'effondre. Ce phénomène accentue la fracture entre chiffre affiché et participation effective, illustrant la perte de dynamisme d'anciennes plateformes.

"J'ai géré une plateforme avec 22 000 abonnés. Le nombre d'abonnés n'a baissé que très peu pendant la crise Musk, mais l'engagement s'est effondré. Beaucoup gardent leur compte, mais ne se connectent plus."- @jensfoell.de (21 points)

La défiance envers les géants du numérique s'exprime également dans la façon dont les utilisateurs et les experts perçoivent les agissements des entreprises technologiques. Qu'il s'agisse du manque de fiabilité des acteurs du secteur ou de la mise à l'épreuve de technologies de surveillance sur des enfants dans des pays émergents, les discussions dénoncent une instrumentalisation des consommateurs et un recul de la confiance. Cette tendance se manifeste aussi dans le rétrécissement de l'imaginaire collectif autour de l'individu, réduit à son rôle de consommateur au sein d'un écosystème marchand.

Innovation énergétique, régulation et enjeux écologiques : les nouveaux fronts du numérique

À mesure que les entreprises comme Meta cherchent à étendre leur influence, l'énergie devient un enjeu stratégique. L'entrée de Meta dans le secteur du négoce d'électricité pour alimenter ses centres de données interroge sur la redistribution des ressources et le rôle des grandes entreprises dans la transition énergétique. Certains y voient une répétition des dérives du passé, à l'image d'Enron, tandis que d'autres soulignent le coût sociétal du stockage massif de données et de l'emprise des technologies sur la vie privée.

Dans ce contexte, la régulation devient un point d'achoppement politique, comme l'illustre la suspension d'un décret visant à encadrer l'IA au niveau des États-Unis, révélant les tensions entre gouvernance fédérale et intérêts locaux. Sur le plan de l'innovation, l'expansion des taxis autonomes de Waymo en Californie témoigne de la volonté des acteurs du secteur de façonner la mobilité de demain, tandis que le débat sur les attentes mondiales face au changement climatique rappelle que le numérique est désormais indissociable des enjeux écologiques.

Les conversations numériques dessinent notre époque. - Fanny Roselmack

Lire l'article original